Skies of Arcadia

Genre : RPG Mythique/Mais à quand un N°2 bon sang !?
Supports : Dreamcast/NintendoGameCube (sous le titre Skies of Arcadia Legends)

Editeur : Sega
Développeur : Overworks

Date de sortie : 27 avril 2001 (Dreamcast)/23 mai 2003 (NintendoGameCube)

Prix : 45 € à sa sortie, aujourd’hui qui sait…

Une larme d’émotion roule le long de ma joue à l’évocation de cette période bénie. En effet, à l’époque les RPG Nippons de qualités pleuvaient sur nos boîtes à fun comme des météorites sur la surface du globe terrestre lors de son premier million d’années d’existence.
Jugez plutôt : Zelda : Majora’s Mask, Valkyrie Profile, Chrono Cross, Final Fantasy IX, Grandia II….et Skies of Arcadia !
Je me souviens, je revenais de chez mon vendeur préféré avec ce titre dont j’avais tellement entendu parler, là, dans ma poche…snif !

Bon, j’arrête avec le côté « vieil otak nostalgique » et vais tenter d’expliquer pourquoi Skies of Arcadia (Eternal Arcadia sur l’archipel Nippon) reste encore aujourd’hui l’un des RPG les plus jouissifs jamais fait, et pourquoi il n’a pas pris une ride.

Or donc il y a 13 ans……

Le RPG, genre jusque là réservé quasi-exclusivement au pays du soleil levant et à celui de l’oncle sam, vient enfin de se faire connaître aux yeux du territoire européen grâce à un jeu qui a mis des étoiles dans les yeux des enfants, le généreux Final Fantasy VII ; et s’il est juste de dire que FFVII à changé la face du jeu (surtout pour nous occidentaux), il a surtout permis la démocratisation d’un genre jusque là réservé à quelques aficionados. Et c’est depuis ce jour que, heureux comme des Japonais, nous pouvons nous essayer sur un rythme soutenu à ces titres (enfin, surtout du côté de Nintendo de nos jours) qui content les hauts faits d’aventuriers valeureux – souvent puceaux – dont l’occupation principale sera généralement de sauver le monde, voire l’univers, et parfois même des chats.

Skies of Arcadia se déroule dans un univers où d’énormes archipels flottent dans le ciel – miracle rendu possible grâce aux pouvoirs de pierres de lune magiques – et où les pirates volants et autres flibustiers sillonnent les cieux en quête de butins.

L’histoire commence alors qu’une frêle embarcation file dans les cieux d’Arcadia, à son bord une jeune fille, seule, visiblement effrayée. La petite barge (l’embarcation hein, pas la fille !) est bientôt rattrapée par un immense vaisseau de guerre. Je sais, à moi aussi ça m’a rappelé quelque chose…

Qui est cette jeune fille ? Qui sont donc ces militaires qui ont déployés les grands moyens juste pour la récupérer ? A peine s’est on posé ces questions que le destroyer est lui-même pris d’assaut par un vaisseau pirate ! Bondissent alors sur le pont le jeune et téméraire Vyse (the hero !), secondé de la pétillante Aika, tous deux pleins de morgue et prêts à en découdre. Sans temps mort le premier fight s’engage et on découvre le système de combat, un bon vieux système au tour par tour où l’on choisit dans un premier temps les actions à accomplir : Fuite, attaque, parade, utilisation d’items, focus, magie et attaque spéciale (qui butche bien à l’écran quand on la déclenche !). Cette dernière ne sera possible que si on a suffisamment rempli la « barre de focus », et pour remplir cette dernière il faut soit mener une attaque normale (ce qui remplira modérément la barre) soit passer un tour et se mettre en mode concentration (ce qui remplira la barre d’un cran supplémentaire). Détail qui a son importance, cette barre est commune à TOUS les membres de la party ! L’intérêt de ce système est qu’on affecte les actions de toute l’équipe à chaque tour une bonne fois pour toutes. Une fois celles-ci validées et effectives il faudra attendre que tous les ennemis aient riposté pour ré-entrer de nouvelles commandes pour tout le monde. On est ainsi rapidement forcé d’élaborer une stratégie de combat en fonction des forces et des faiblesses des adversaires mais aussi en fonction de ses capacités, magies ou items, car bien sûr ces derniers ne sont pas forcément inépuisables ou dispos à volonté. Il faudra donc bien gérer son potentiel, d’autant plus que certains demi-patrons et patrons du jeu ne s’en laissent pas facilement compter.

 

De manière classique, sortir victorieux d’un combat amènera son lot de points d’XP ainsi que des cristaux de couleurs qui serviront à booster les aptitudes en magie. En effet, le monde de Skies of Arcadia est divisé entre six grandes zones, chacune vénérant une lune différente, lunes tirants elles même leur pouvoir des éléments que sont le feu, la glace, l’eau, la foudre, la terre et l’air, et à chaque élément correspond une couleur de cristal.

Skies of Arcadia prend aussi en compte la popularité de votre personnage. Ainsi au fur et à mesure de la progression de l’histoire vous aurez le choix entre plusieurs réponses face à certaines situations, réponses qui influeront ensuite sur votre renommée et les relations futures avec d’autres personnages du jeu.

Mais le vrai plus de Skies of Arcadia ce sont les phases de batailles navales/aériennes. Logique dans une histoire de pirates diront certaines langues, n’empêche que c’est tellement bien foutu qu’on se tape de bonnes montées d’adrénaline et qu’on se voit carrément sur le pont en train de beugler des ordres ! Ces affrontements se déroulent sur un schéma à mi-chemin entre le tour par tour et le jeu de stratégie temps réel. Il faudra ainsi donner ses directives de combat en anticipant sur plusieurs tours ses attaques, sa défense, son utilisation d’items ou son super-coup en fonction des actions offensives ou défensives que l’ennemi compte mettre en œuvre. S’ensuivent de véritables joutes bien éprouvantes pour les nerfs mais ô combien motivantes en termes de plaisir de jeu (et de souffle épique !), l’équilibre entre la stratégie pure et le tour par tour étant toujours merveilleusement calibré.

Et c’est ça, en fait, qui fait le charme de ce jeu, ce parfum RPG old school, qui rend Skies of Arcadia quasiment intemporel. Car à bien y regarder, c’est un titre qui reprend la crème des idées du haut du panier du RPG (avec la petite cerise dessus). Un monde absolument immense à explorer, des héros charismatiques et positifs (je vous met au défi de trouver personnages plus volontaires et sympathiques que Aika et Vyse !), des méchants hauts en couleurs et poseurs (le grand vilain est un clone assumé de Sephiroth ), un scénario dense et riche en coups de théâtre et moments épiques, et un système de combat qui tire sa force de son classicisme.

Pour l’époque le jeu était graphiquement somptueux et il faut reconnaître qu’il est encore très beau, très envoûtant aujourd’hui. Les décors, incroyablement variés et chargés en atmosphère mettent le joueur en totale immersion et, en parfaite harmonie avec un scénario béton qui invite toujours plus à ne pas lâcher le pad, invite en permanence à continuer un fabuleux voyage.

Personnellement il m’a fallu pas moins de soixante dix heures au moins pour arriver au bout de l’aventure, et je n’ai pas profité de toutes les quêtes annexes offertes par le jeu (dont une partie téléchargeable sur Dreamcast à l’époque ; mais qu’on se rassure, ne pas bénéficier de ces ajouts ne nuit en rien à la qualité globale de Skies of Arcadia…si vous arrivez à remettre la main dessus).

Et la musique ! Un aspect qui a toujours beaucoup compté pour moi (et je pense que personne ne contredira le fait que dans un RPG c’est un facteur d’importance). La B.O de Skies of Arcadia – signée Minobe Yutaka et Maeda Tatsuyuki –  est un sommet du genre, et je ne suis pas le seul à avoir longtemps cherché l’OST ! Plus de 10 ans après force est de constater que les nombreux thèmes sont toujours aussi prenants et hantent le joueur bien des heures après avoir arrêté sa partie.

Dans un souci d’objectivité (hum, pas forcément mon point fort), je vais quand même placer un petit mot sur les « points noirs » du soft. On pourra donc pester contre une fréquence de combats plutôt élevée dans les donjons et autres temples (à l’instar de presque tous les Final Fantasy on ne voit pas les ennemis et les fights se déclenchent de façon aléatoire, et ce « à la japonaise », c’est-à-dire TRES souvent !), mais à part ça et deux trois temps de chargement un peu longuets (soyez cléments merde, c’était il y a 13 ans, et sur Dreamcast peu de titres peuvent se permettre de proposer un contenu aussi riche ! En fait à part les Shenmue, je vois pas)…ben c’est que du bonheur !

Pour finir, croyez moi que c’est bien volontairement que je n’en révèle pas plus au niveau du scénar, Skies of Arcadia étant un jeu qui vous attrape dés les premières minutes pour ne vous relâcher, exsangue, qu’après une quête monumentale et plus que riche en rebondissements, dont je n’ai pas retrouvé l’équivalent avant de m’attaquer au monumental Final Fantasy XII ! (bon ok, y’a aussi Chrono Cross qui se pose aussi un peu là dans le genre). Et peut-être qu’à la fin de l’aventure vous aussi vous ferez comme moi, et vous vous mettrez à genoux devant votre console pour lui dire : « merci ! ».

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